07/01/18 – La foi nous ouvre à l’universel

07/01/18 – La foi nous ouvre à l’universel

Textes : Esaïe 60 : 1-6 : Matthieu 2 : 1-12

Thème : La foi nous ouvre à l’universel.

 

Frères et sœurs dans le seigneur,

C’est avec joie et espérance que nous sommes entrés dans l’année de grâce 2018, avec des promesses qui sont parfois difficile à tenir, des espérances nourries qui s’évanouissent souvent, mais une espérance toujours plus forte et une confiance inébranlable.

Bonne année à vous.

Thème :

Le thème que je vous propose ce jour suite à ces lectures est le suivant :

La foi nous ouvre à l’universel.

Dans l’Évangile de Matthieu les deux premiers chapitres, appelés souvent évangile de l’Enfance, tranchent un peu sur le reste. Ils constituent une sorte de prologue, écrit à la manière juive, et mêlant avec souplesse les événements et leur interprétation théologique.

C’est le premier dimanche de l’année, celui que nous appelons aussi communément le dimanche de l’épiphanie ou théophanie, c’est-à-dire l’apparition ou la manifestation de Dieu, du Christ bien entendu. Et il est de tradition ce jour de lire l’évangile de Mathieu.

Le dimanche de l’Épiphanie aussi appelé « fête des Rois » célèbre la visite des Mages à l’enfant Jésus.

Beaucoup d’entre nous, termineront le repas ce midi en coupant la galette et en couronnant celle ou celui qui y aura découvert la fève.

Ce récit et cette fête marquent la fin de ce l’on désigne souvent comme « la période des fêtes » ; c’est une sorte de dernier sursaut festif après ces journées de réjouissances.

 

Frères et sœurs, revenons dans le vif du sujet.

Le texte d’aujourd’hui, consacré à la visite des Mages, se continue dans l’Évangile de Matthieu par trois autres épisodes : la fuite en Égypte, le massacre des enfants innocents et l’installation à Nazareth.

En dehors de Jésus, le personnage central qui revient dans les quatre tableaux, c’est Hérode, Hérode le bâtisseur, Hérode le cruel, jaloux de son pouvoir. Et le fil rouge qui relie les quatre scènes, c’est le conflit entre les deux rois, le vieux despote et Jésus-Messie, « le roi des Juifs qui vient de naître » (Mt2,2). Mais ce roi Hérode, bien connu des historiens, est pour l’évangéliste Matthieu le symbole du refus d’accueillir le Christ et son message, et ainsi, c’est tout le destin du Christ qui nous est présenté en raccourci dès le prologue de Matthieu : accueilli par les hommes de bonne volonté, Jésus sera rejeté par les responsables de son peuple.

Un autre thème important est fondu dans le récit de la venue des Mages, celui du salut universel. En effet ce sont des païens qui se présentent à Jérusalem, cherchant le roi des Juifs, ce sont eux qui reprennent la route alors qu’à Jérusalem personne ne bouge ; ce sont eux enfin qui entrent dans la maison et adorent l’Enfant, lui apportent des cadeaux (or, encens, myrrhe) devançant le geste de leurs frères païens de tous les temps qui entrent dans l’Église pour y trouver leur Sauveur. À partir de cette rencontre avec Jésus, les Mages, devenus croyants, rompent avec Hérode. Et Dieu les avertit, non par un astre, mais par un ange, comme il fait avec ses élus.

Les Mages dont on ne sait pas grand-chose d’eux, ni leur nombre, venus de l’Orient sont des savants, perses ou babyloniens, probablement astrologues et non des rois, qui ont pu avoir contact avec le messianisme israélite dans les juiveries de Babylone, encore florissantes à l’époque. À travers eux, c’est le monde de la science qui se met en marche vers le Christ-Messie, c’est l’univers des païens qui se tourne vers la lumière de l’Évangile.

Quant au fait de la venue de Mages orientaux à l’occasion de la naissance de Jésus, il n’offrait, de soi, rien d’invraisemblable, puisqu’un événement similaire eut lieu en l’an 66, avant J.C.

 

En ce qui concerne l’astre, quels que soient le point de départ matériel et l’observation de base, l’essentiel ; et ce que le texte souligne bien, est que les savants y ont vu un signe, rejoignant ainsi la tradition juive, qui considérait l’Astre issu de la tribu de Jacob comme l’un des symboles du Messie attendu : « Je le vois, mais non pour maintenant, je le contemple, mais non de près : un astre est issu de Jacob et un sceptre a surgi d’Israël » (Nb 24,17, oracle de Balaam).

 

Déjà les théologiens du Moyen-Âge, dans leur solide bon sens, avaient remarqué qu’il ne pouvait guère s’agir d’un corps céleste ordinaire, puisque son éclat était intermittent et son mouvement discontinu.

 

Peuple de Dieu,

 

La portée messianique de toute la scène est d’ailleurs soulignée par le texte du prophète Michée, que les scribes citent immédiatement à Hérode : « Et toi, Bethlehem, terre de Juda, tu n’es certes pas la moindre des cités de Judée, car c’est de toi que sortira un chef qui paîtra mon peuple Israël » (Mi 5,1).

Ainsi, pour Matthieu, l’arrivée des Mages à Bethlehem marque l’accomplissement des promesses de l’ancienne alliance, mais en même temps elle annonce le destin du Christ. Les Mages en arrivant ne virent qu’un enfant, mais l’Évangéliste, par son récit tantôt clair et tantôt allusif, rappelle à la communauté ce que la foi doit voir dans cet enfant : à savoir le Berger du Peuple de Dieu, l’unique guide vers le salut, et celui qui apporte la paix au monde.

Le récit de Matthieu laisse également entrevoir que la destinée de Jésus sera marquée par le drame de l’incroyance : le nouveau-né, désigné comme le Roi des juifs est déjà sujet de controverses et de polémiques, ceci, jusqu’à son arrestation. Hérode, lui ne pensait qu’au pouvoir, et il s’est fait persécuteur parce que seule l’intéressait la construction des cités terrestres. Les scribes connaissaient à fond les Écritures, ils savaient par cœur le catéchisme des prophéties messianiques, mais ils n’ont pas bougé. Les étrangers, eux, ont su faire le chemin, et auparavant ils ont su percevoir les signes de Dieu dans leur vie et au creux de leur science.

En lien avec la première lecture, nous pouvons remarquer que le prophète Esaïe nous rend attentif au fait que quand on est croyant, la lucidité ne parvient jamais à étouffer l’espérance, la promesse ne vise pas un triomphe politique…

Le triomphe qui est entrevu ici est celui de Dieu et de l’humanité qui sera un jour enfin réunie dans une harmonie parfaite dans la Cité Sainte ; reprenons les premiers versets : si Jérusalem resplendit, c’est de la lumière et de la gloire du SEIGNEUR :

« Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue ta lumière, et la gloire du SEIGNEUR s’est levée sur toi… sur toi se lève le SEIGNEUR, et sa gloire brille sur toi… » (Quand Esaïe parlait de Jérusalem, déjà à son époque, ce nom désignait plus le peuple que la ville elle-même).

Quant à nous, si nous dégageons l’épisode des Mages des festivités de la fête des Rois et de sa lumière dorée, si nous le lisons comme Matthieu l’a écrit, comme une catéchèse biblique sur les événements de l’Enfance du Messie, nous pouvons y découvrir l’appel de Jésus à notre foi adulte.

C’est bien que Mathieu commence son évangile par ces mages qui cherchent le salut en lisant dans les étoiles ; Dieu les respecte. Il les prend comme ils sont et puisqu’ils suivent les étoiles, Dieu va se servir d’une étoile pour leur faire découvrir le Christ.

Leur pratique est de ce qu’il y a de plus étranger à l’évangile. Car si les mages arrivent à trouver Christ par leurs méthodes, nous devrions y arriver nous aussi, pour peu que nous cherchions effectivement.

Il y a bien des façons d’aller à la rencontre du Christ, c’est d’ailleurs une chance, car chacun de nous a une sensibilité, des dons, une histoire et une vocation qui lui sont propres.

Qu’importe finalement notre façon de trouver ce salut de Dieu qu’incarne le Christ. L’essentiel c’est d’avancer vers lui, se laisser toucher et transformer par lui.

 

Aujourd’hui encore, il faut opter, et donc nous mettre en route,

Aujourd’hui encore, il faut nous ouvrir à l’universel,

Aujourd’hui encore, il faut accepter que l’espérance vienne au mode à travers l’humilité du fils de Dieu.

 

Puisse 2018 faire de chacun d’entre nous, un Mage, quelqu’un prêt à troquer ses attentes de grandeurs en accueil de la faiblesse, quelqu’un prêt à changer de route.

 

“Que le Dieu de l’Espérance vous donne en plénitude dans votre acte de foi, la joie et la paix.

 

Bonne Année 2018 !

 

Amen

 

 

 

 

 

 

 

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